Andy Murray a passé près de deux décennies au plus haut niveau du tennis, accumulant des accomplissements qui ont fait de lui l’un des joueurs les plus titrés de sa génération.
L’Écossais a remporté trois titres du Grand Chelem, dont Wimbledon en 2013 et 2016, atteint la première place mondiale et décroché deux médailles d’or olympiques en simple. Il a également remporté 46 titres sur le circuit principal et signé 29 victoires face à Roger Federer, Rafael Nadal et Novak Djokovic, à une époque où ces trois champions dominaient le tennis mondial.
Les dernières années de sa carrière ont toutefois été compliquées par son état physique. Un important problème à la hanche et plusieurs tentatives de retour ont largement marqué son parcours. Murray a finalement pris sa retraite après les Jeux olympiques de Paris 2024, et beaucoup s’attendaient à ce que celui qui avait consacré presque toute sa vie au tennis ressente rapidement le manque de la compétition.
Deux ans plus tard, le joueur de 39 ans affirme pourtant ressentir quasiment l’inverse.
Murray assure que le tennis ne lui manque pas
Interrogé par BBC Sport Scotland alors qu’il participait à un Pro-Am lors du Nexo Championship, Murray a été invité à dire si les retours envisagés par d’anciens joueurs avaient ravivé chez lui l’envie de reprendre la compétition.
Sa réponse n’aurait pas pu être plus claire.
“Oh, God, no. No interest. And I’m really happy about that,” a répondu Murray.
L’ancien numéro 1 mondial a ensuite reconnu qu’il jouait à peine au tennis désormais, sauf lorsqu’une raison particulière l’obligeait à reprendre une raquette.
“Like, I’ve not really… I’ve not missed it at all. Don’t really hit balls anymore. You know, unless I have to,” a-t-il ajouté.
À la place, Murray explique prendre du plaisir à jouer au golf, à passer du temps avec sa famille et à profiter de choses simples, après des années rythmées par l’entraînement, les voyages et les tournois.
“And yeah, just enjoying being away from the sport for a bit and yeah playing golf, being with my family and just doing normal things for a while,” a-t-il déclaré.
Cette réponse peut surprendre au regard de l’esprit de compétition qui a animé Murray tout au long de sa carrière. Même après son opération de la hanche, le Britannique expérimenté avait continué à tenter de retrouver son meilleur niveau et avait joué plusieurs saisons supplémentaires, alors qu’une retraite bien plus précoce aurait été parfaitement compréhensible.
Désormais, il ne semble éprouver aucun regret ni avoir le sentiment d’avoir laissé quelque chose inachevé en tant que joueur.
Le golf l’aide notamment à combler ce nouvel espace. Murray participe régulièrement à des événements réunissant des célébrités et à des compétitions Pro-Am. Il est loin d’être le premier grand nom du tennis à apprécier ce sport loin des courts.
Rafael Nadal est depuis longtemps un golfeur sérieux et a participé à des compétitions amateurs. L’an dernier, Roger Federer l’a rejoint pour une partie à Majorque. Les deux anciens numéros 1 mondiaux ont joué ensemble au Pula Golf Resort, après la visite de Federer à l’académie de Nadal.
Le golf séduit également de nombreux sportifs issus d’autres disciplines. La star de la NBA Stephen Curry a souvent expliqué à quel point il appréciait ce sport et y joue régulièrement lorsqu’il est éloigné des parquets.
Le coaching offre à Murray un nouveau lien avec le tennis
Murray ne regrette peut-être pas de ne plus jouer, mais il ne s’est pas complètement éloigné du tennis.
Il a rejoint l’équipe de Jack Draper en mai, après avoir travaillé pendant six mois avec Djokovic. Draper a grandi en idolâtrant Murray, avant de devenir son ami puis son adversaire sur le circuit ATP.
Murray a reconnu que le coaching lui avait offert une perspective du tennis qu’il n’avait jamais connue en tant que joueur.
“I enjoyed certain parts of it,” a-t-il expliqué au sujet de sa précédente expérience dans le coaching. “I enjoyed the matches. I liked sitting at the side watching matches from a different perspective.”
Le triple vainqueur en Grand Chelem a souligné qu’il appréciait particulièrement les aspects liés à l’analyse, à la préparation et à la stratégie. Il a toutefois admis que le coaching pouvait également s’avérer très exigeant.
Son travail auprès de Draper s’est déjà révélé important pour le jeune Britannique, qui traverse une nouvelle période difficile marquée par les blessures.
Draper a déclaré au début du mois que la présence de Murray dans son équipe représentait un “massive benefit,” notamment parce que son nouvel entraîneur sait ce que signifie composer pendant de longues périodes avec des problèmes physiques.
Il pourrait s’agir du rôle qui convient le mieux à Murray aujourd’hui. L’Écossais n’a plus à se soumettre au rythme effréné qui a structuré la majeure partie de sa vie adulte, tout en pouvant mettre à profit tout ce qu’il a appris en affrontant les meilleurs joueurs du monde.
Murray profite clairement de sa retraite et ne semble pas regretter la vie de joueur professionnel. Dans le même temps, il paraît prêt à relever de nouveaux défis dans le coaching.
Son objectif immédiat est d’aider Draper à progresser et à se rapprocher du sommet du tennis mondial. Murray sait ce qu’il faut pour rivaliser avec les meilleurs joueurs du monde, et cette expérience pourrait s’avérer précieuse pour le Britannique de 24 ans dans la prochaine étape de sa carrière.
