Le roi revient.... avec le trac. Soyons clairs : Roger Federer a les nerfs. Et il l'assume totalement. " C'est stressant, honnêtement. Je n'ai pas joué un set en simple depuis Hurkacz à Wimbledon. Ça fait cinq ans. Je ne sais pas comment ça va se passer demain. " Voilà. Le plus grand joueur de l'histoire (pour beaucoup) avoue qu'il flippe un peu avant d'affronter Andy Roddick en exhibition. Et c'est exactement pour ça qu'on l'aime.
Après le set contre Roddick, Federer fera équipe avec John McEnroe face au duo Agassi-Roddick en double. Du lourd. Du légendaire. Du Arthur Ashe Stadium dans toute sa splendeur nocturne.
« Non, non, non, non » – Le comeback n'aura pas lieu
Question inévitable : et si tu prenais une wild card ? La réponse est limpide, cinglante, définitive. " Non, non, non, non. Pas du tout. " Federer ferme la porte avec un sourire. Il évoque le programme antidopage, le manque de temps, un corps qui a dit stop. " Mon corps est fini. Mais je me sens très bien. Je suis juste un fan maintenant. "
Fin de la discussion. Rangez vos rêves de retour miraculeux.
Alcaraz et Sinner : le regret qui persiste
Si le Maestro pouvait réintégrer le tableau principal en 2026, qui voudrait-il affronter ? " Peut-être Carlos. Il est excitant. Je n'ai jamais eu la chance de jouer contre lui ou Sinner. On a juste tapé quelques balles ensemble quand ils montaient. J'ai raté cette génération à cause de mes problèmes de genou. "
Un constat simple mais puissant : Federer est l'un des rares géants à n'avoir jamais croisé le fer avec la nouvelle vague. L'histoire du tennis a ses trous noirs.
Djokovic ? « Tant qu'il est dans le tableau, il a une chance »
Pas de rivalité amère ici. Que du respect brut. Interrogé sur les chances de Novak de décrocher un 25e Grand Chelem à New York, Federer ne tourne pas autour du pot : " Chaque fois que Novak entre dans un tournoi, il a un coup à jouer. C'est mon opinion. Il doit vraiment croire qu'il peut encore le faire. Et moi aussi, je le crois. "
Près de 50 confrontations directes, toutes les surfaces, tous les plus grands courts. " C'était un plaisir de jouer contre un joueur incroyable, un combattant hors norme. "
Le revers à une main : une espèce menacée
Federer, gardien du temple du revers à une main , observe la tendance avec une pointe de mélancolie réaliste. " Durant mon enfance , 90% de mes entraîneurs avaient un revers à une main. Aujourd'hui, les coaches sont majoritairement des joueurs à deux mains. C'est plus simple à enseigner à un gamin. "
Il pointe aussi la technologie des raquettes, la lenteur des surfaces, le jeu de fond de court devenu roi. " Avant, c'était 50-50 entre le filet et le fond. Maintenant c'est 90-10. Le revers à deux mains s'adapte mieux à ça. " Mais il refuse d'enterrer le geste : " J'ai encore espoir que ce n'est pas la fin. "
Son remède du jour ? S'entraîner avec Lorenzo Musetti. " Je m'assure qu'il soit prêt. Je lui file un peu de sagesse. " On adore.
Ses enfants, le temps qui file, et la gratitude
Les jumelles ont 17 ans. Les garçons en ont 12. Et Federer réalise qu'ils n'ont presque aucun souvenir de leur père sur le court de l'US Open. " La dernière fois que j'ai joué ici, ça fait longtemps. Les sessions de nuit, c'était tard pour eux. J'espère que demain sera un moment spécial pour eux aussi. "
L'intronisation au Hall of Fame à Newport ce week-end ajoute une couche d'émotion. " La vie va vite, surtout avec quatre enfants. On arrête de se souvenir de ce qu'on a fait. C'est comme entrer dans une machine à remonter le temps. "
Le message final : l'héritage dépasse les coups droits
Ce qui frappe dans cette conférence de presse, c'est la maturité d'un champion qui a compris que la postérité ne se mesure pas qu'en statistiques. " Quand tu prends ta retraite, on parle beaucoup de ta personnalité, de ce que tu as apporté au sport en dehors du court. Comment tu te comportais dans les vestiaires, avec les ramasseurs de balles, les directeurs de tournoi. C'est ça dont on se souvient. "
25 ans sur le circuit. Des amitiés construites. Un sport transformé. Et mardi soir, un dernier set en simple sur Arthur Ashe, cinq ans après le dernier. Pas pour gagner. Pour vibrer une dernière fois.
Roger Federer affrontera Andy Roddick en simple avant un double aux côtés de John McEnroe face à Andre Agassi et Roddick, mardi soir sur le court Arthur Ashe dans le cadre de l'événement « The Icon Returns » à l'US Open 2026.
