Rafael Nadal : " Isolé, le big-3 n’aurait jamais atteint ces sommets "

by Khalil Semlali
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Rafael Nadal : " Isolé, le big-3 n’aurait jamais atteint ces sommets "
© Facebook / Rafa Nadal

Un an après avoir rangé officiellement sa raquette, Rafael Nadal se livre enfin avec un regard neuf sur son parcours hors du commun. Invité par Jorge Valdano dans l'émission Universo Valdano de Movistar+, l’Espagnol revient avec émotion sur ses derniers instants sur le circuit, avouant qu’il avait atteint la ligne d’arrivée « le réservoir complètement vide » : "  J’ai abordé ce moment avec le respect que mérite tout grand changement. Une nouvelle vie s’ouvrait devant moi, différente de celle que je connaissais depuis mes dix ans, après plus de vingt ans à vivre exclusivement pour le tennis. Et face à une telle transition, il faut savoir se demander comment l’on va répondre à cette nouvelle réalité. Mais j’y étais prêt. J’ai tout tenté, jusqu’à la dernière possibilité, pour rester compétitif au niveau que j’exigeais de moi-même. Avoir épuisé toutes les options m’a offert une paix intérieure immense : celle de savoir que ma décision était la seule possible. Quand le réservoir est vide, il ne reste plus qu’à l’accepter. " a-t-il expliqué.

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Le travail au service du talent est la clé du succès

Rafael Nadal
Rafael Nadal© Facebook / Rafael Nadal
 

Si un joueur est connu pour son éthique de vie, de travail et de comportement, c'est bien l'homme qui a remporté Roland-Garros 14 fois, et bien qu'on conaisse l’immensité de son talent, sans travail, le talent est un diamant brut qui n'arrive jamais à être poli : "  Tu peux posséder tout le talent du monde, mais sans travail, discipline et concentration, tu n’iras nulle part. Dans le tennis, le talent te donne l’étincelle, oui… mais c’est l’effort quotidien qui te permet vraiment d’avancer. Avec de la passion et une détermination solide, tout devient un peu moins compliqué. Sans ça, affronter les obstacles que la vie te met sur la route devient presque impossible. On parle souvent de “sacrifices”, mais pour moi, un sacrifice, c’est faire quelque chose que tu ne veux pas faire. Et ça n’a jamais été mon cas. Je n’ai pas sacrifié ma vie : je me suis donné à fond, oui, j’ai fait d’énormes efforts, mais toujours avec plaisir. Je n’ai jamais eu l’impression de passer à côté de quoi que ce soit. Ma vie est restée équilibrée, jamais obsédée par une seule chose. J’ai fait tout ce qu’un adolescent doit faire pour ne pas avoir le sentiment qu’on lui a volé son enfance. J’ai eu du temps pour tout — et c’est peut-être ça, mon vrai luxe." a expliqué le taureau de Manacor.

Le rôle de Federer et de Djokovic dans l'établissement de sa légende

Le big-3 a dominé le tennis comme jamais auparavant, et la raison d'une telle hégémonie, embellie par des prouesses folles, n'est autre que l'esprit de rivalité et de combativité qui habitait les trois légendes du tennis, une envie de surpasser l'autre qui au final fait que l'on surpasse tous les reves et tous les records : "  Nous sortions de l’ère Pete Sampras, ses 14 titres du Grand Chelem semblaient déjà un sommet infranchissable. Il aurait été logique que, dans notre génération, celui qui atteignait ce chiffre pense avoir touché le plafond. Mais nous étions trois, pas deux. Alors impossible de se relâcher : la pression était constante, l’exigence totale. On ne s’est jamais laissés respirer. Aucun tournoi ne pouvait être sacrifié. C’est ça, la grandeur de notre époque : toujours présents dans les dernières lignes droites, toujours en lutte pour les titres majeurs. Isolé, aucun d’entre nous n’aurait atteint ces sommets. Et malgré tout, je ne crois pas que tout ait vraiment changé. Le jeu a évolué, oui : ça frappe plus fort, ça sert plus vite. Mais au fond, j’ai toujours défendu l’intuition, le feeling — pas le tennis robotisé, calibré par les statistiques. J’en parlais souvent avec Federer : lui non plus ne supportait pas l’excès d’informations. Pour nous, le tennis reste un art, pas une équation."

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