Il n’y a pas eu de surprise à Riyad. Novak Djokovic est arrivé au Six Kings Slam 2025 diminué, encore marqué par ses pépins physiques de Shanghai, et l’a payé cash face à Jannik Sinner. L’Italien l’a balayé en deux sets secs et a rappelé à tout le monde qu’en ce moment, lui et Carlos Alcaraz jouent tout simplement dans une autre dimension.
Le Serbe, lui, a rapidement compris que la marche serait trop haute. À peine deux jeux, et le corps de Nole envoyait déjà des signaux d’alerte. Malgré un départ concentré et quelques longs échanges prometteurs, le Belgradois a vite baissé les bras, conscient que cette fois, l’histoire tournerait court. Sinner, plus frais, plus explosif, plus juste, a dicté le tempo du début à la fin.
Mais pas question pour Djokovic de parler retraite. Inspiré par LeBron James ou Cristiano Ronaldo, le numéro 1 mondial d’hier continue de s’accrocher. “Je n’ai pas l’intention d’arrêter de sitôt”, a-t-il répété récemment. Le problème, c’est que le tennis ne pardonne rien. Seul sur le court, sans coéquipiers pour masquer les coups de fatigue, le Serbe doit désormais livrer deux combats à la fois : contre ses adversaires et contre le temps.
Depuis un an et demi, son corps lui rappelle qu’il a 38 ans, vingt saisons d’usure et un palmarès déjà gravé dans le marbre. Il le sait mieux que personne : face à Sinner et Alcaraz, l’écart n’est plus seulement technique, il est biologique.
Lucide, le Serbe a reconnu l’évidence après sa défaite
“Ce n’est jamais agréable de se prendre un coup de pied au cul”, a-t-il lâché avec un sourire. “Je donne toujours le meilleur de moi-même. Pour moi, c’est déjà incroyable d’être encore parmi les cinq ou dix meilleurs joueurs du monde. L’amour et la passion pour le tennis sont toujours là.”
Et fidèle à son humour, il a ajouté : “J’ai le corps que j’ai. Je remercie Dieu pour tout ce qu’il m’a donné. J’aimerais bien qu’un joueur plus jeune échange son corps avec le mien, juste pour un an, histoire de pouvoir les battre ! (rires) Plus sérieusement, je sais qu’il m’est de plus en plus difficile de gagner contre eux, mais je continuerai à essayer jusqu’à ce que j’y arrive.”
Sinner a remporté la bataille, mais Djokovic n’a rien perdu de son esprit. Même à bout de souffle, le Serbe reste un monstre de compétitivité. Le corps fatigue, la rage de vaincre, elle, ne vieillit pas.
