C’est une image rare, presque choquante : Jannik Sinner, le visage crispé, incapable de bouger, contraint d’abandonner en plein match au Masters 1000 de Shanghai 2025. En défense de son titre, le numéro 2 mondial a vu son corps le trahir, victime de crampes foudroyantes dans une atmosphère irrespirable.
La chaleur suffocante et l’humidité extrême ont transformé Shanghai en véritable fournaise. Sept abandons depuis le début du tournoi : un chiffre qui en dit long sur les conditions infernales auxquelles les joueurs sont confrontés. Et face à cette scène, certains n’ont pas tardé à accuser Sinner d’avoir simulé ou exagéré ses douleurs.
Une théorie balayée d’un revers de main par Patrick Mouratoglou, qui a pris la parole sur Instagram pour défendre le jeune Italien. “Certains disent qu’il l’a fait exprès. Non… Ce que Sinner a enduré était brutal. C’est un parfait exemple de ce que signifie jouer dans une humidité extrême.”
Le coach français, connu pour son franc-parler, n’a pas mâché ses mots :
“Pour expliquer les crampes de Sinner, un seul mot : l’humidité. Fritz a connu le même problème, et Djokovic a vomi deux fois dans des conditions similaires. Ce n’est pas la première fois que Jannik crampe — il en avait déjà eu contre Alcaraz à Roland-Garros, mais là, c’était de la tension. Cette fois, son corps a simplement dit stop.” Selon Mouratoglou, ce genre de mésaventure changera forcément la manière dont Sinner et son équipe abordent ces tournois à risque : “ Maintenant, ils savent qu'il faut changer des choses. Il faudra sans doute augmenter l’hydratation avant le match, parce qu’une fois sur le court, c’est trop tard. Si le corps manque de quelque chose, il se déconnecte. C’est exactement ce qui s’est passé.”
Et l’entraîneur de conclure, dans une comparaison sans appel : “Tout le monde dit que les conditions en Australie sont extrêmes. Oui, 39 degrés, c’est brutal. Mais ce n’est rien comparé à ce qu’on subit en Asie ou à New York. L’humidité, là-bas, c’est un enfer.”
Entre accusations injustes, conditions extrêmes et respect du corps, Sinner a peut-être perdu un match, mais il a gagné une leçon que tout champion doit apprendre : même le talent le plus pur reste vulnérable face à la nature.
