New York a ses règles : tu montes sur l’Arthur Ashe, et tu découvres vite qui est le patron. Hier soir, c’était simple : le patron s’appelait Jannik Sinner. Pas de suspense, pas de scénario hollywoodien, juste un rouleau compresseur qui n’a jamais levé le pied.
Face à lui, Lorenzo Musetti a tenté d’exister, de briller, de surprendre. Mais comment briller quand chaque échange se transforme en sprint, quand chaque balle revient plus vite que la précédente ? Dans le premier set, le Toscan a presque disparu. Dans le second, il a cru apercevoir une brèche, un rayon d’espoir… vite refermé par un Sinner glacial, chirurgical, implacable : " Dans le deuxième set, j’ai réussi à me rapprocher, c’était mon meilleur moment du match : j’ai mieux servi, j’ai eu plus d’occasions, même une balle de break que je n’ai pas su concrétiser. Face à un joueur comme lui, il faut saisir les rares chances qu’il te laisse, et cette fois je n’ai pas réussi à le faire " e expliqué Musetti.
Ce duel entre deux Italiens aurait pu ressembler à un bras de fer fraternel, une bataille équilibrée entre copains de génération. En réalité, c’était une démonstration de hiérarchie. Sinner n’a pas seulement gagné : il a rappelé à tout le monde pourquoi il est numéro un, pourquoi il est champion en titre, pourquoi il avance comme un monstre d’efficacité sur ce US Open.
Musetti, lui, repart avec des enseignements. Il le dit lui-même : " Jouer Sinner, c’est comprendre à quelle vitesse le tennis peut aller, à quel point chaque erreur se paie. " Il n’a pas pris un set, il n’a pas pris le public, mais il a pris une leçon. Et peut-être que c’est ce dont il avait besoin pour franchir un nouveau cap. : " Je repars très impressionné par sa performance. Il a extrêmement bien servi, il m’a poussé dans mes retranchements, et il a clairement été le plus fort aujourd’hui. Malgré tout, je suis heureux d’avoir joué contre lui : cela m’a permis de mieux comprendre les aspects de mon jeu que je dois encore améliorer. J’espère avoir bientôt une nouvelle chance de le défier."
Sinner dans une autre dimension
Ce qui revient le plus de la part de ceux qui vivent la terrible expérience Sinner est la même chose, le natif de San Candido évolue dans une autre dimension : " Bien sûr, je pense que Jannik évolue à un niveau supérieur, il l’a déjà montré à de nombreuses reprises.. Beaucoup de choses ont changé depuis notre dernière confrontation. Nous avons tous les deux progressé, mais lui s’est transformé… Honnêtement, je n’avais jamais affronté quelqu’un capable de me mettre autant de pression dans les échanges. C’était presque impossible d’avoir des ouvertures, il menait toujours le point, constamment."
Pendant ce temps-là, Sinner continue de tracer sa route, insensible aux noms, insensible aux émotions. Son objectif est clair : garder sa couronne à New York. Et vu son état de forme, on se demande franchement qui pourrait l’arrêter.
