Paolo Bertolucci : " Sinner est un mix de Nadal, Djokovic Murray et Federer "

by Khalil Semlali
SHARE
Paolo Bertolucci : " Sinner est un mix de Nadal, Djokovic Murray et Federer "
© Compte Facebook / Jannik Sinner

Jannik Sinner est en train de se hisser comme une légende du tennis Italien alors qu'il n'a que 23 ans. Le natif de San Candido est talentueux à ne plus en pouvoir et ses illustres prédécesseurs sont totalement conquis par son tennis et tous lui augurent un avenir radieux. Après Nicola Pietrangeli qui a souhaité que son jeune compatriote dépasse tous ses records, ce fut au tour de Paolo Bertolucci d'écrire une énorme chronique pour le compte de la Gazetta.

ADVERTISEMENT

Sinner : Un mix des plus grands joueurs de la planète

Selon Bertolucci, le numéro un mondial possède toutes les qualités des plus grands joueurs de la planète : " Peut-être que dans vingt ans, lorsque sa carrière sera terminée et, espérons-le, avec de nombreux trophées du Chelem dans son armoire à trophées, lorsque nous parlerons de Jannik Sinner, nous nous référerons à lui comme aux Fab Five, en soulignant sa proximité, à la fois technique et en termes de valeurs, avec Federer, Nadal, Djokovic et Murray, les phénomènes d'une génération dorée et, à certains égards, irremplaçable. La juxtaposition peut paraître hasardeuse, mais à bien des égards, on peut reconnaître dans le champion de Sesto Pusteria les traits des Quatre Fantastiques qui ont dominé le tennis au cours des vingt dernières années. Il est indéniable, par exemple, que le langage corporel toujours proactif dans les phases les plus délicates du match, la détermination farouche à ne pas abandonner un seul point, la froideur presque inhumaine avec laquelle il parvient à tirer le meilleur parti de son jeu lorsque le point compte le plus, le rapprochent de la meilleure version de Rafael Nadal. Tous deux, bien qu'ils l'expriment de manière différente, sont des combattants exceptionnels qui savent se dépasser lorsque la situation sur le court semble présenter des situations insolubles, tout en conservant un sang-froid qui leur permet de ne pas gaspiller inutilement leur énergie. Si, par contre, nous regardons un aspect plus purement technique, il n'est pas difficile de déceler dans la glissade vers la gauche pour frapper le revers à deux mains avec une extension maximale, une projection de Novak Djokovic.Le Serbe possède également la capacité de lire à l'avance le service de son adversaire, afin de préparer dans la plupart des cas une réponse qui mettra le serveur en difficulté : ils sont sans doute les meilleurs interprètes de ce principe sur le circuit. Lorsque Jannik faisait ses premiers pas, beaucoup identifiaient dans sa propension constante à pousser de l'arrière, la balle accélérant et allant plus vite à chaque échange, une similitude avec Murray. Sinner, cependant, tire plus fort que l'Écossais et fait preuve d'une attitude plus agressive. En fait, comme c'était le cas avec Sir Andy, il faut apprécier le fait qu'il choisisse de temps en temps de casser le rythme en utilisant un amorti, une arme que Jannik est en train d'affiner et pour laquelle il fait preuve d'une confiance accrue à chaque tournoi. Mais Sinner n'est pas qu'un concentré de qualités techniques : avec son attitude toujours mesurée, ses déclarations jamais déplacées, son empathie envers les autres, il a gagné une sorte de passeport émotionnel universel qui le fait apprécier sous toutes les latitudes. Il est le champion du peuple et, en ce sens, on peut voir en lui un peu de Roger Federer et de son charme exceptionnel sur et en dehors du court. La finale de l'US Open l'a d'ailleurs prouvé : on s'attendait à ce que les plus de 23 000 spectateurs de l'Arthur Ashe lui réservent un accueil plutôt froid, puisqu'il affrontait un joueur local, mais au lieu de cela, le match s'est pratiquement déroulé sur un terrain neutre. "

SHARE