Le parcours d’Alexandra Eala au tournoi de Cincinnati s’est arrêté au troisième tour. Après avoir concédé le premier set, Amanda Anisimova a renversé la situation pour s’imposer face à la Philippine sur le score de 4-6, 6-4, 6-2.
Eala avait une nouvelle fois pris un excellent départ face à une adversaire du Top 20 et remporté la première manche. Mais Anisimova a progressivement inversé la tendance avant de gagner les six derniers jeux de la manche décisive. Il s’agissait de la première confrontation entre les deux joueuses. Pour Eala, cette élimination n’enlève rien à un nouveau tournoi très réussi dans le cadre de sa tournée nord-américaine sur dur.
À 21 ans, la Philippine se dirige vers l’US Open après la meilleure période de sa carrière. Le mois dernier, elle avait atteint les huitièmes de finale à Wimbledon, devenant la première joueuse philippine à accéder à ce stade d’un tournoi du Grand Chelem. Son plus grand exploit sur le gazon du All England Club avait été sa victoire contre la tenante du titre, Iga Swiatek, battue 7-6(9), 6-2.
Eala avait ensuite signé une nouvelle performance majeure à Washington. Elle y avait dominé Zheng Qinwen, Leylah Fernandez, Elina Svitolina, Naomi Osaka et Jessica Pegula pour décrocher le premier titre WTA de sa carrière. Ce parcours lui avait également permis d’intégrer pour la première fois le Top 20 mondial.
Elle a poursuivi sur sa lancée à Toronto, où elle a atteint le quatrième tour avant de s’incliner face à Belinda Bencic, puis a remporté deux nouveaux matches à Cincinnati avant qu’Anisimova ne mette fin à sa série.
Rusedski impressionné par l’attitude d’Eala
Ancien numéro 4 mondial, Greg Rusedski estime que l’une des grandes qualités d’Eala réside dans sa manière d’aborder aussi bien les victoires que les défaites.
Invité de son podcast Off Court, le Britannique a salué son état d’esprit et rappelé la difficulté du tableau qu’elle avait dû surmonter pour remporter le titre à Washington.
"She has no excuses. She performs, if she wins; she wins, if she loses; she loses. No excuse, I’m giving 110%. The attitude is there.
She was up a set easily, 3-0, got a default [against Ruse], now she’s stepping up against Anisimova, and everybody said, ‘Oh, the draw’s gonna be so tough’ - she won Washington in one of the most difficult draws to win that event.
So, I’m just so impressed with Eala. Can’t wait to see her play Anisimova - that is blockbuster. I’m setting my alarm to see that one. Can’t wait for it to kick off."
Bien qu’Eala ait finalement perdu contre Anisimova, Rusedski s’est également réjoui d’un autre aspect de sa progression. Selon lui, la Philippine et son équipe gèrent parfaitement son calendrier à l’approche du dernier tournoi du Grand Chelem de la saison.
"I look at it like this - she’s got Rafael Nadal as a mentor, she’s been at the Nadal academy. She has been a junior world No 1, and she’s got her coach, who does an excellent job.
So, this is the ideal lead-up: Washington, Toronto; lost in her third match; now she’s playing Cincinnati. There’s a week off next week, so she’s scheduling perfectly.
If she’s playing the week before the US Open, then there’s a problem. The nice thing with her coach - they can always go to Rafa, like [Iga] Swiatek did with [Francisco] Roig, and get that balance.
And he (Nadal) understands that, because he’s had that in his younger career where he overplayed a little bit with uncle Toni, then he balanced it out depending with his age when he went to [Carlos] Moya."
Eala dispose désormais de temps pour récupérer après Cincinnati avant de se consacrer pleinement à son rendez-vous new-yorkais.
Pour Rusedski, la présence d’une équipe expérimentée à ses côtés devrait l’aider à éviter certaines erreurs de programmation commises par d’autres jeunes joueuses.
"So, I think she’s going to be smart, she’s looking at long-term. I just think she’s a ray of light for the WTA, and I don’t think she’s going to make the mistakes players have in the past."
Eala veut aller encore plus loin après son premier titre WTA
Sa victoire à Washington a marqué un moment historique pour Eala et le tennis philippin. Elle est devenue la première joueuse des Philippines à remporter un titre en simple sur le circuit WTA après avoir renversé la numéro 3 mondiale, Pegula, 4-6, 6-4, 6-0.
Mais la joueuse de 21 ans a clairement indiqué qu’elle ne considérait pas cet exploit comme un aboutissement. Interrogée sur le sentiment de soulagement qui aurait pu accompagner ce premier titre WTA, Eala l’a plutôt décrit comme une source de motivation pour la suite.
"Wow, I achieved that. Okay, let's go for more," a déclaré Eala à la WTA.
Cette ambition sera désormais mise à l’épreuve à l’US Open, où les attentes autour de la Philippine seront bien plus élevées qu’il y a un an. Elle se présentera à New York avec le statut de joueuse du Top 20, de championne WTA et de tenniseuse ayant déjà battu plusieurs des plus grands noms du circuit cette saison.
Eala pourra également compter sur un soutien important à New York. Les supporters philippins la suivent de plus en plus à travers le monde, et leur présence a été particulièrement remarquée durant la tournée nord-américaine.
Pegula en a elle-même fait l’expérience lors de leur finale à Washington, où Eala a bénéficié d’un soutien bruyant malgré la présence d’une Américaine à domicile. Après la rencontre, Pegula a rendu hommage aux supporters qui suivent Eala partout où elle joue.
La même ferveur s’est manifestée à Toronto. La WTA a rapporté que des centaines de supporters philippins étaient présents dans l’enceinte avant les matches d’Eala, tandis que les drapeaux des Philippines étaient visibles dans tout le stade. Pegula a également révélé que des milliers de fans philippins avaient commencé à suivre le podcast Player’s Box après sa finale de Washington contre Eala.
