Disqualification de Djokovic en 2020 : la part de responsabilité de l’US Open



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Disqualification de Djokovic en 2020 : la part de responsabilité de l’US Open

Si Novak Djokovic a incontestablement une grande part de responsabilité dans ce qui s’est passé à l’US Open 2020, la responsabilité du tournoi hôte n’a, quant à elle, pas encore été pointée du doigt.

Il s’agissait bien de la balle du champion de serbe, de sa raquette, et d’un coup qu’il a frappé au mauvais endroit, au mauvais moment. Comble de malchance, la juge de ligne qui a été accidentellement frappée par la balle n’a pas pu se relever assez vite pour que l’incident soit clos (on peut la comprendre).

Cela a conduit à ce que l’on a tous vu, et c’est ainsi que celui que tout le monde voyait comme étant le futur champion de l’édition 2020 a été disqualifié en quart de finale, la mort dans l’âme.

Disqualification : Ce que l’US Open aurait dû faire autrement

C’est un peu comme lorsqu’il se produit un accident de la route. On sait bien que l’un des conducteurs a commis une erreur, mais cela n’empêche pas de tenir compte des autres facteurs qui auraient pu avoir provoqué l’incident.

La voiture était-elle défectueuse à ce moment là ? La chaussée était-elle dans un mauvais état (suite à des intempéries, par exemple)? Y avait-il un animal sur la route ? Tout cela permet non pas seulement de trouver des circonstances atténuantes aux conducteurs, mais de faire toute la lumière et surtout d’éviter le pire à l’avenir.

On peut ainsi se demander si le Serbe n’était pas entrain de lancer sa balle vers un ball boy, sachant que celui-ci est suffisamment alerte pour la rattraper. En effet, un ball boy attend toujours qu’une balle vienne vers lui, il ne fait que cela, tout le temps; il peut donc rarement être surpris par une balle qui lui vient de front.

Etait-ce une balle lancée à un ball boy ou n’était-ce pas le cas ? On ne le saura sans doute jamais. Mais le fait est qu’à ce moment là, à l’US Open 2020, les ball boys et ball girls (ou ramasseurs de balles) avaient exactement la même tenue de couleur grise que les juges de ligne.

Il est pourtant de coutume dans les grandes compétitions d’user de tenues distinctes pour les juges et pour les ramasseurs de balles. Le jeu de couleur a toute son importance car le cerveau d’un athlète ne peut réfléchir à comment distinguer un juge d’un ramasseur, en plus d’avoir à réfléchir à son match et aux tactiques pour battre l'adversaire..

A l’Open d’Australie 2020, on peut clairement voir cette distinction de couleur (du bleu pour les juges et du vert pour les ramasseurs de balles) : A l’Open de France 2020, la distinction des couleurs est encore plus nette (ball girl en rouge et juge de ligne en vert-bleu foncé) : Même à l’US Open 2019, les ramasseurs de ball ne portaient pas le même haut que les juges (il y avait clairement plus de couleurs sur les vêtements des soutiens des joueurs) Tandis qu’à l’US Open 2020, on peut littéralement parler d’une erreur qui a été commise dans le choix vestimentaire, puisque les juges et les ramasseurs de balle sont comme des "jumeaux", chacun masque au nez, avec des sweets de couleur grise et totalement identiques.

Voici ce que cela donne comme image : Ainsi, n’y avait-il pas ici un risque – aussi minime soit-il, mais un risque quand même – de voir un joueur se tromper de récepteur de balles? Bien sûr que si!

Et cela est aussi l’une des raisons qui justifient la distinction des couleurs. C’est d’autant plus vrai lorsqu’on voit qu’un incident hors norme est justement arrivé à un moment où il n’y avait pas du tout cette variété dans la coloration des vêtements des parties prenantes.

Cet aspect-là a donc été totalement négligé par l’US Open. En fin de compte, Novak Djokovic a commis une erreur, l’US Open en a également commis une, et les deux semblent maintenant avoir toutes les cartes en main pour ne plus gâcher la fête aux fans du tennis.

L’erreur de l’US Open semble même bien plus facile à rectifier : une simple question de couleur, aussi basique qu'importante. Pour les fans de tennis, il est toujours bien plus intéressant de vivre le "drama" provenant du court de tennis (comme lors de la finale française entre Nadal et Djokovic, en 2020, ou lors de la demi-finale en 2021) que de subir ce drame à cause d'incidents évitables, et dont tout le monde aurait bien pu se passer.