Tommy Paul s'est fait dévorer. En huitièmes de finale du US Open, Carlos Alcaraz a roulé sur l'Américain avec une autorité qui laisse peu de place au débat. Et après le match ? Paul a livré une conférence de presse d'une rare lucidité, entre admiration brute et frustration assumée.
Un niveau hors normes
Pas de langue de bois. Tommy Paul ne triche pas. Quand on lui demande ce que ça fait de se mesurer à ce Alcaraz, il lâche sans filtre : " J'étais nul, tu vois ? J'avais l'impression qu'il jouait à un niveau complètement différent du mien. J'aurais pu jouer beaucoup mieux... et perdre quand même. "
Le constat est glaçant. Paul, pourtant vainqueur à deux reprises face au Murcien par le passé, n'a tout simplement jamais trouvé la clé. Pas de plan B. Pas de solution. Juste un mur qui avance et qui frappe.
Un coup droit venu d'ailleurs
Le coup droit d'Alcaraz ? Un missile sans code de désactivation, selon Paul : " Il n'y a pas grand-chose que tu puisses faire pour te défendre. Surtout quand il arrive à frapper comme il le veut. Son coup droit depuis le côté revers, c'est là qu'il est mortel. "
L'Américain sait exactement ce qu'il aurait dû faire — attaquer davantage en revers croisé, monter au filet, imposer sa cadence. Mais face à la machine espagnole, la théorie s'effondre au premier échange.
L'évolution d'un monstre
Paul ne se contente pas de parler du match. Il dresse un portrait fascinant de l'évolution d'Alcaraz depuis 2022 : : " Au début de sa carrière, tu pouvais jouer un slice de revers croisé et il te répondait avec un revers. Maintenant ? Il pivote et te claque un coup droit. Si ton slice n'est pas parfait, c'est terminé. "
Et ce n'est pas tout. Son deuxième service, son retour, sa capacité à varier les positions au relancement... tout a progressé. Paul le résume d'une phrase assassine : « Honnêtement, il a amélioré quasiment tous les aspects de son jeu. »
Le retour de blessure qui défie la logique
Peut-être le détail le plus stupéfiant de cette soirée : Alcaraz revient d'une blessure. Et il joue ça. Tommy Paul, qui sait ce que signifie un retour après un pépin physique, n'en revient pas : " C'est impressionnant d'être resté aussi longtemps à l'arrêt, de revenir et de jouer aussi bien. Moi, je ne pourrais pas le faire. "
Là où d'autres auraient besoin de plusieurs tournois pour retrouver le rythme, Alcaraz débarque à New York et monte en puissance comme si de rien n'était. Un extraterrestre, comme le titrait la presse espagnole après le match.
Ce que Paul en retire
Au-delà de la défaite, l'Américain refuse de sombrer dans la négativité. Chaque affrontement avec Alcaraz est une leçon, dit-il : " Chaque fois que je l'affronte, on va sur le terrain d'entraînement après avec de nouvelles idées. Des choses qu'il fait bien, des choses que je peux intégrer à mon jeu. "
C'est la mentalité d'un compétiteur. Il sait que la marche est haute — très haute — mais il continue de grimper.
