Depuis la montée en puissance fulgurante de Carlos Alcaraz, rien ne semblait pouvoir l’arrêter. Et pourtant, ses récentes défaites en exhibition, notamment contre Sinner à Riyad lors du Six Kings Slam, ont déclenché une alerte douce mais réelle. Ce n’est pas le nombre de défaites qui inquiète tant que le type de circonstances : matchs à enjeu léger… mais surenchère médiatique totale.
Mouratoglou laisse tomber son verdict
Là encore, Patrick Mouratoglou intervient, juste après avoir pris la défense de Jannik Sinner et sa décision de zapper la coupe Davis : « Calmez-vous », lance-t-il à ceux qui s’inquiètent pour Alcaraz. Il rappelle que ce dernier ne joue pas pour l’argent, que les exhibitions sont hors format, hors cadence. Et surtout : il manque parfois cette « flamme interne » quand l’enjeu semble faible ou l’adversaire trop loin.
Le tableau de la saison 2025 reste sidérant : un bilan de 67-7 et un taux de victoires dépassant les 90 %. Et pourtant, Alcaraz peine parfois dans ces bouts de matchs où tout « compte moins ». Ces deux défaites ne remettent pas en cause sa domination. Mais elles mettent en lumière un point crucial : le mental. Le désir. Le feu. Le coach explique que lorsque l’adversaire paraît inférieur, quand on sait qu’on peut gagner, c’est là que survient le danger. Quand l’élan s’arrête, le moteur fléchit pour mieux redémarrer : " J’ai vu des commentaires en ligne de gens inquiets pour Carlos parce qu’il a perdu deux matchs récemment. Calmez-vous ", a déclaré le Français.
" Je pense que c’est le même phénomène, que ce soit quand Carlos joue une exhibition ou quand il dispute un deuxième tour de Grand Chelem. Il a le sentiment d’être largement au-dessus de son adversaire, alors il se permet de relâcher son attention, de perdre un set, parce qu’il sait que, d’une part, le fait d’être à une manche partout va lui redonner de la motivation et rallumer la flamme. Et d’autre part, quand cette flamme n’est pas là, il ne trouve pas les ressources nécessaires. C’est ce qui explique pourquoi il est parfois irrégulier au sein d’un même match. En réalité, il travaille là-dessus, et à l’US Open, ce problème s’est beaucoup atténué. C’est un joueur qui a besoin de cette flamme intérieure pour donner le meilleur de lui-même. Quand il se sent menacé, il est capable de sortir son meilleur tennis. " a-t-il conclu.
Alors : panique ? Non. Précaution ? Oui. Alcaraz reste au sommet. Mais il doit aujourd’hui rallumer cette étincelle à chaque match, même celui auquel personne ne croit. Car c’est dans l’exercice du défi qu’on reste champion.
En somme, dans un sport où tout va très vite, perdre une exhibition ne tue pas la carrière. Mais perdre la flamme, ça pourrait. Alcaraz est prévenu : le chemin vers les légendes ne pardonne pas l’ennui.
