John McEnroe n’a jamais été du genre à contourner les sujets qui fâchent. Depuis ses années de joueur jusqu’à son rôle actuel d’analyste, l’Américain a toujours cultivé un franc-parler qui lui vaut autant d’attention que de débats. Et une nouvelle fois, l’ancien numéro 1 mondial vient de mettre les pieds dans le plat.
Présent à Londres lors de la Laver Cup 2026, compétition dont il a longtemps été le capitaine de l’équipe Monde avant de céder sa place à Andre Agassi, McEnroe a pu observer de près les joueurs et les tensions qui traversent actuellement le tennis professionnel. Après le sacre de l’Europe dirigée par Yannick Noah, il a surtout livré une proposition particulièrement radicale concernant l’avenir du circuit.
Pour lui, les joueurs disposent d’un moyen de pression encore largement inexploité.
« Il faut boycotter un ou deux Grands Chelems »
Dans une chronique publiée par The Athletic, McEnroe a directement apporté son soutien aux revendications des joueurs concernant notamment le partage des revenus générés par les plus grands tournois.
Son idée est aussi simple que spectaculaire : un boycott des Grands Chelems : " La seule manière de changer les choses, à mon avis, est de boycotter un ou deux Grands Chelems. Selon moi, les joueurs devraient être associés aux tournois. Au contraire, ils ne reçoivent actuellement qu’une petite partie des revenus."
Une prise de position qui intervient alors que les relations entre les joueurs et les quatre tournois majeurs sont particulièrement surveillées. La question du partage économique, mais aussi celle de la place accordée aux joueurs dans les décisions importantes, alimentent depuis plusieurs mois les discussions.
Pour McEnroe, les joueurs ne pourront obtenir des changements profonds qu’en utilisant leur véritable pouvoir : leur présence sur les courts.
McEnroe veut aussi révolutionner le classement ATP
Mais l’Américain ne s’arrête pas à la question financière. Il s’attaque également à l’un des piliers du tennis moderne : le calendrier et le système permettant d’accéder à la première place mondiale.
McEnroe défend une conception beaucoup plus libre du circuit, dans laquelle les joueurs pourraient choisir davantage leurs tournois : " Les joueurs devraient pouvoir jouer les tournois qu’ils veulent. Tu n’en joues que six mais tu les gagnes tous ? Alors tu peux être numéro 1 mondial. L’idée selon laquelle tu dois jouer vingt tournois par an est, au regard des résultats actuels du top 15, quelque chose qui ne permet pas aux joueurs de montrer tout leur potentiel. Ce n’est pas nouveau, c’est quelque chose dont nous avons toujours parlé. Beaucoup de choses ont changé par rapport au passé, mais cela reste un problème auquel nous devons trouver une solution. "
Une proposition qui remettrait profondément en question le fonctionnement actuel du circuit ATP.
Une vision radicalement différente du tennis actuel
Derrière ces déclarations, McEnroe défend donc une idée centrale : redonner davantage de liberté aux joueurs.
Un joueur pourrait sélectionner les compétitions qu’il estime les plus importantes pour lui, quitte à disputer beaucoup moins de tournois sur une saison. Le classement pourrait alors récompenser davantage la performance pure plutôt que la capacité à accumuler des résultats sur un calendrier extrêmement dense.
Cette philosophie pourrait également avoir des conséquences sur les Masters 1000, les tournois traditionnels et même la place grandissante des exhibitions dans le calendrier.
Mais la proposition la plus spectaculaire reste incontestablement celle d’un boycott d’un ou plusieurs Grands Chelems. Une idée qui placerait les joueurs face à un choix particulièrement lourd : continuer à réclamer des changements depuis l’intérieur du système ou utiliser leur absence pour exercer une pression maximale.
McEnroe, lui, semble avoir choisi son camp. Et comme souvent avec l’Américain, le débat est désormais lancé.
