Alexander Zverev vient de gagner deux Grands Chelems en trois mois. Et pourtant, certains cherchent encore à lui expliquer pourquoi il ne devrait pas savourer son triomphe. Sacré à Roland-Garros puis à l’US Open 2026, l’Allemand a profité d’un contexte particulier, avec les blessures de Carlos Alcaraz et Jannik Sinner. Mais pour Boris Becker, utiliser ces circonstances pour minimiser son exploit est tout simplement inadmissible.
Le nouveau champion de New York n’a évidemment pas choisi les absences de ses principaux rivaux. Il n’a pas non plus décidé qui allait tomber dans les autres parties du tableau. Il a simplement gagné les matches qui se présentaient à lui. Une évidence que Becker a tenu à rappeler avec une virulence inhabituelle.
Becker sort les griffes pour défendre Zverev
Depuis le sacre de Zverev à l’US Open, une petite musique revient avec insistance : l’Allemand aurait bénéficié d’un tableau largement dégagé par les déconvenues d’Alcaraz et Sinner. Un argument qui ne passe absolument pas auprès de Becker : " Les critiques sont arrivés en disant : Oui, il a gagné uniquement parce qu’Alcaraz et Sinner n’ont pas joué, ou parce qu’Alcaraz a joué et que Sinner était blessé. Ou alors : Il a eu un tableau facile. Ce n’est pas sa faute si Sinner se blesse avant. Ce n’est pas sa faute si Alcaraz a été blessé pendant quatre mois et que, heureusement, il est revenu avant de perdre en quarts de finale contre Shelton. Ce n’est pas sa faute non plus si tous les favoris de sa moitié de tableau sont éliminés rapidement. "
Et Becker refuse de s'arrêter là : " Il ne peut battre que l’adversaire qu’il affronte sur le court. En fait, je trouve ça vraiment honteux. C’est un manque de respect incroyable envers sa performance. "
Deux titres majeurs et trois finales : le chiffre qui change tout
Car derrière les critiques, il existe une réalité beaucoup plus difficile à ignorer. Zverev est devenu l’un des hommes forts de la saison 2026. Roland-Garros est dans sa poche, l’US Open également, tandis qu’il a atteint la finale de Wimbledon.
Et son parcours aurait même pu être encore plus impressionnant : " Ce jeune homme aurait pu être en finale des quatre Grands Chelems cette année. À Melbourne, lorsqu’il a servi pour gagner son match contre Alcaraz en demi-finales, il aurait également dû être en finale. "
Le constat de Becker est brutal : Zverev n’est pas simplement en train de profiter d’un effondrement de la nouvelle génération. Il est présent lorsque les occasions apparaissent : " Il s’est qualifié pour la finale de trois Grands Chelems consécutifs. Il y a été trois fois, il est désormais champion de Roland-Garros et de l’US Open, et finaliste à Wimbledon. "
Pour l’ancien champion allemand, cette régularité mérite enfin d’être reconnue : "À ce stade de sa carrière, les gens doivent lui accorder le respect qu’il mérite."
« Je ne porte pas la casquette allemande »
Becker sait évidemment que son soutien à Zverev pourrait être interprété comme une simple prise de position patriotique. Il balaie immédiatement cette idée : " Je ne porte pas la casquette allemande. Je le regarde comme un athlète, comme un joueur de tennis. "
Son raisonnement est simple : les circonstances font partie intégrante du sport de haut niveau. Les blessures des uns, les défaites des autres et les tableaux qui se libèrent ne retirent rien aux joueurs capables d’en profiter : "Il faut montrer du respect aux joueurs qui donnent simplement le meilleur d’eux-mêmes, et c’est pourquoi je suis très heureux que Sascha ait gagné."
Zverev n’a peut-être pas affronté tous ceux que le public espérait voir sur son chemin. Mais il a remporté deux des quatre Grands Chelems disputés cette année et disputé trois finales majeures consécutives. Les circonstances peuvent expliquer une partie d’un parcours. Elles ne peuvent pas effacer le résultat.
Et Boris Becker vient de le rappeler avec fracas : le champion de l’US Open 2026 mérite d’être jugé sur ce qu’il a accompli, pas sur ceux qu’il n’a pas eu à battre.
