Arthur Fils, auréolé de son titre à Cincinnati, débarquait à Flushing Meadows avec l'étiquette de favori collée au front. Premier tour ? Une formalité, pensait-on. Sauf que Stefanos Tsitsipas n'avait visiblement pas lu le script. Le Grec a sorti le Français dès le premier tour sur le score de 4-6, 7-6(3), 6-1, 6-4, et le séisme se mesure sur l'échelle de Richter du tennis mondial.
Un Tsitsipas qu'on croyait éteint
On l'avait presque oublié à ce niveau. Libéré de la pression paternelle, débarrassé de toute attente, Tsitsipas est entré sur le court comme un homme qui n'a plus rien à perdre — et c'est justement ce qui le rend si dangereux. Dès les premiers échanges, quelque chose clochait : le Grec frappait trop bien, se déplaçait trop vite, servait trop fort pour le joueur fantôme qu'il était devenu ces dernières saisons.
Son revers, longtemps son talon d'Achille, a tenu bon face aux frappes lourdes de Fils. Sa mobilité latérale ? Explosive, à faire pâlir ses versions passées. Et son coup droit ? Du velours tranchant, celui d'un joueur qui a flirté avec les titres du Grand Chelem et qui s'en souvient très bien.
Fils, victime de la gueule de bois post-Cincinnati
Le premier set semblait pourtant valider le statut du Français. Un break dans le dixième jeu, un contrôle apparent depuis le fond de court — tout roulait. Mais la suite a viré au cauchemar.
Le tie-break du deuxième set a tout fait basculer. Fils, trop nerveux, trop pressé, a joué comme s'il devait gagner chaque point plutôt que de vouloir le gagner. Nuance fatale. Tsitsipas, glacial, a empoché la manche et c'est là que le match a changé de propriétaire.
Le troisième set ? Un naufrage. 6-1, sans appel. Fils s'est arrêté de courir, a fusillé du regard son banc, a semblé accuser le coup physiquement. Le champion de Cincinnati avait disparu. À sa place, un joueur perdu, dénué de solutions tactiques, incapable de répondre au défi grec.
Un sursaut avorté et une sentence définitive
Le quatrième set a offert un bref espoir : un débreak de Fils en début de manche, des étincelles de résistance. Mais la flamme s'est vite éteinte. L'intensité n'était plus là, les jambes non plus. Tsitsipas a remis le pied sur l'accélérateur et n'a plus lâché, bouclant l'affaire 6-4 et signant l'un des résultats les plus retentissants de ce début de tournoi.
Pour Tsitsipas, c'est un message adressé au circuit tout entier : je suis encore là. Ce n'est plus le joueur fragile et prévisible qu'on affrontait ces derniers mois. C'est un compétiteur renaissant, et le tableau de ce côté du tirage vient de voler en éclats.
Pour Fils, c'est une douche froide monumentale. Après l'ivresse de Cincinnati, la réalité new-yorkaise est brutale. À 20 ans, les lendemains de fête font aussi partie de l'apprentissage. Mais une chose est sûre : le débat sur sa capacité à aller chercher un Grand Chelem est relancé en France, et les réponses devront venir sur le court.
