À 28 ans, Stefanos Tsitsipas en a marre de jouer un rôle écrit par quelqu'un d'autre. Après sa victoire convaincante face à Royer au Masters 1000 de Cincinnati 2026, le Grec s'est livré comme rarement devant la presse — et ça fait mal.
Le sujet ? Apostolos Tsitsipas. Son père. Son ex-coach. L'homme qui a tout contrôlé pendant des années. Et que Stefanos refuse désormais de laisser diriger sa carrière : "J'ai 28 ans. Je n'en ai plus 21. C'est maintenant ou jamais. J'aurais peut-être dû le faire avant, mais c'est fait. Je dois avancer et assumer cette décision."
Le message est limpide. Brutal, même.
"Donne-moi la canne à pêche, pas le poisson"
Tsitsipas ne mâche pas ses mots. Pendant des années, il a laissé son père prendre les décisions. Le choix des entraînements, la stratégie, la direction de carrière — tout passait par Apostolos. Aujourd'hui, c'est terminé : " Avant, beaucoup de choses étaient déterminées par mon père. Ça ne me dérangeait pas à l'époque, c'est comme ça que les choses fonctionnaient. Mais maintenant, c'est MON moment pour décider avec qui je veux travailler, ce que je veux faire, ce que je veux atteindre."
Et la phrase qui résume tout : " J'espère qu'il respectera ma décision et qu'il sera simplement mon père. Rien de plus."
Une tragédie grecque en plein Cincinnati. Littéralement.
Sur le court : un Tsitsipas transformé
Au-delà du psychodrame familial, il y a du concret. Stefanos veut un tennis différent. Plus agressif. Plus dangereux. Plus vivant.
Montées au filet en rafale, prise de risque assumée, jeu vers l'avant — le plan est clair. Et les premiers résultats sont là depuis Gstaad : " Ce type de tennis me fait sentir vivant. Je veux que mes meilleurs jours soient encore meilleurs. Et que mes mauvais jours soient juste... normaux. Plus catastrophiques."
Son objectif n'est plus de gagner à tout prix. C'est d'élever son plancher ET son plafond. Une maturité nouvelle qui tranche avec le Tsitsipas perdu des derniers mois.
Le verdict
Stefanos Tsitsipas est en guerre — contre lui-même, contre ses vieux schémas, contre l'ombre paternelle. Mais pour la première fois depuis des mois, on sent un joueur qui reprend le contrôle. Qui assume. Qui avance.
Cincinnati ne sera peut-être pas son tournoi. Mais cette version de Tsitsipas ? Elle peut faire très, très mal à beaucoup de monde.
