Andrea Gaudenzi et son pari risqué : sauver le tennis ou l’épuiser ?

by Khalil Semlali
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Andrea Gaudenzi et son pari risqué : sauver le tennis ou l’épuiser ?
© Facebook / Tennis Europe

Andrea Gaudenzi n’est pas venu à la présidence de l’ATP pour faire de la figuration. L’ancien joueur italien est arrivé avec une idée fixe : transformer le tennis, en moderniser le modèle économique et assurer sa survie face à des sports de plus en plus compétitifs. Son projet, baptisé One Vision, veut redessiner le calendrier et donner plus de puissance aux Masters 1000, devenus la colonne vertébrale du circuit.

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Mais si l’ambition est immense, la méthode divise.

Masters 1000 XXL : progrès ou bourreau des corps ?

La nouveauté saute aux yeux : des Masters 1000 étirés sur douze jours. Toronto terminé un jeudi, Cincinnati un lundi… et des joueurs qui tirent la langue. Gaudenzi assume : "Ces tournois allongés génèrent des revenus inédits. Sans eux, pas de prize money record, pas d’investissements dans les infrastructures, pas de progression pour les Challengers. "

L’argument financier est solide : plus d’argent, plus de joueurs couverts par les pensions ATP, plus de stabilité pour l’avenir. Mais sur le terrain, les critiques fusent. Manque de repos, matches sans éclat en finale, risques de blessures… Pour beaucoup, le nouveau modèle sacrifie la qualité sur l’autel de la rentabilité.

La liberté... et la responsabilité des joueurs

Gaudenzi le rappelle à chaque interview : " le tennis reste un sport individuel. Certains s’arrêtent dès le premier tour, d’autres enchaînent six matchs intenses en dix jours. Difficile, selon lui, de bâtir un calendrier parfait pour tout le monde. " Et il insiste sur un point : les joueurs sont libres de choisir leur feuille de route. Une liberté rare dans le sport professionnel… mais qui exige, dit-il, discipline et lucidité. " Savoir quand appuyer sur l’accélérateur et quand lever le pied, c’est aussi ça, être un pro. "

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Les Masters, piliers intouchables

Sur un sujet, Gaudenzi ne transige pas : les Masters 1000 resteront obligatoires. Huit tournois majeurs par saison, minimum. " Ce sont eux qui font tourner la machine. Ils garantissent des revenus records, structurent l’année et attirent les sponsors. Renoncer à cette colonne vertébrale n’est pas une option. "

Derrière ce discours, un avertissement clair : les ATP 500 et 250, avec leurs contrats faramineux pour attirer les stars, ne doivent pas détourner les joueurs de leurs priorités. Ces cachets privés font briller les yeux, mais pas toujours les classements.

One Vision : rêve d’unité, réalité éclatée

Le président sait aussi que son pouvoir a des limites. Les Grands Chelems, la Coupe Davis, les tournois indépendants… chacun défend son territoire. One Vision vise justement à réunir tout ce petit monde autour d’une gouvernance commune. Une ambition presque utopique dans un sport éclaté depuis des décennies.

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Une révolution... ou une fracture ?

Gaudenzi se veut visionnaire, persuadé que le tennis doit grandir, s’adapter et prendre des risques. Mais derrière le vernis des chiffres, la fracture est réelle : plus d’argent pour les joueurs, oui, mais à quel prix pour leurs corps ? Plus d’investissements, oui, mais au risque d’un calendrier infernal ?

L’avenir dira si son One Vision deviendra la fondation d’un tennis plus fort… ou la cause d’un burn-out collectif.

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