Jannik Sinner et Carlos Alcaraz dominent aujourd'hui le tennis mondial au point de décourager leurs adversaires. C'est en tout cas le constat dressé par Alexander Bublik, qui reconnaît sans détour que le duo a profondément changé la manière dont les autres joueurs abordent les plus grands rendez-vous.
Interrogé par Tennis Magazin, le Kazakh a livré un aveu aussi lucide que surprenant. Selon lui, lorsqu'ils évoluent à leur meilleur niveau, l'Italien et l'Espagnol rendent quasiment impossible toute ambition de remporter un tournoi du Grand Chelem : "Avec beaucoup de chance, on peut les battre, et je le pense vraiment. Mais en Grand Chelem, où Sinner et Alcaraz arrivent parfaitement préparés, vous n'avez pratiquement aucune chance. J'ai l'impression que les autres joueurs ont abandonné avant même de rentrer jouer… moi aussi, d'ailleurs ", a-t-il confié.
Des propos qui illustrent l'écart psychologique autant que sportif qui sépare actuellement les deux leaders du circuit du reste du peloton.

Une victoire qui reste une exception
Pourtant, Bublik fait partie des rares joueurs à avoir fait tomber Jannik Sinner ces dernières saisons. En 2025, sur le gazon de Halle, il avait créé la surprise en éliminant l'Italien en trois sets après avoir perdu la première manche.
Une performance qu'il refuse toutefois de présenter comme une référence. Selon lui, cette victoire relevait avant tout d'un concours de circonstances plus que d'une réelle supériorité. Depuis, Sinner a repris le dessus en remportant leurs confrontations suivantes à l'US Open puis à Vienne, portant son bilan largement en sa faveur.
Carlos Alcaraz, de son côté, s'est également imposé lors de son unique affrontement avec le Kazakh cette saison, confirmant la domination exercée par les deux hommes sur le circuit ATP.
Revoir ses ambitions pour continuer à avancer
Cette réalité a poussé Bublik à revoir complètement ses objectifs. Plutôt que de rêver d'un premier titre du Grand Chelem, le joueur de 29 ans préfère désormais viser des résultats qu'il juge plus réalistes : "J'en ai parlé avec mon entraîneur. Remporter un Grand Chelem est presque impossible tant que Sinner et Alcaraz sont en pleine possession de leurs moyens. Mon objectif est désormais d'atteindre les quarts de finale, peut-être une demi-finale, et de repartir satisfait ", explique-t-il.
Une philosophie assumée par l'ancien numéro 10 mondial, qui estime que tous les joueurs ne sont pas destinés à bâtir un palmarès comparable à celui de Novak Djokovic, Rafael Nadal ou Roger Federer.
Pour Bublik, accepter cette réalité est indispensable afin de préserver son équilibre personnel : " Il faut comprendre que l'on n'est pas Novak Djokovic. On ne gagnera pas des Grands Chelems comme Rafael Nadal ou Roger Federer. Il faut apprendre à accepter les défaites sans qu'elles prennent le dessus sur votre vie ", affirme-t-il.
Le Kazakh conclut par une réflexion plus personnelle sur la quête de la performance à tout prix. À ses yeux, le bonheur ne se résume pas à soulever un trophée majeur : "J'aime profondément le tennis, mais ce n'est pas sain de sacrifier tout le reste pour une obsession. Être un bon mari, un bon père ou un bon ami est tout aussi important. Je préfère vivre une carrière faite de nombreuses demi-finales plutôt que de courir après une seule victoire qui ne garantit pas le bonheur."
Des paroles qui témoignent de l'immense défi que représente aujourd'hui la domination de Jannik Sinner et Carlos Alcaraz, un duo qui semble avoir installé une nouvelle hiérarchie presque inaccessible sur le circuit masculin.
