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La balle “simple”. Pourquoi rate-t-on aussi souvent la balle la plus simple, même à très haut niveau?

Federico Coppini - 15-01-2018 - Lectures: 1560
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La balle “simple”.  Pourquoi rate-t-on aussi souvent la balle la plus simple, même à très haut niveau?

Pourquoi rate-t-on aussi souvent la balle la plus simple, même à très haut niveau?

Il s’agit effectivement d’une illusion à la fois optique et émotionnelle. Elle est optique, car généralement la balle est si proche du côté de terrain de l’adversaire qu’elle nous pousse à oublier un élément fondamental : il faut qu’elle passe par-dessus le filet. En revanche, on est souvent attiré par le point facile et on tend à négliger le filet. C’est comme si celui-ci n’était plus là ; et pourtant, il est bien là… D’autre part, l’illusion est émotionnelle, s’agissant d'un ensemble tragique d’éléments émotionnels. Par exemple, on est angoissé par l’idée de s’emparer d’une opportunité à l’apparence à la portée. Il y a ensuite le “devoir” de ne pas rater le coup, car ceci - le fait de frapper une balle simple - est ce à quoi on s’attend de nous-mêmes et également ce à quoi s’attendent notre adversaire et d’éventuels spectateurs.

Marquer le point dans cette situation-là, aux yeux de tout le monde, c’est une simple formalité, voire une honte en cas d’échec. Voilà pourquoi le fait de rater cette balle provoque une perte immédiate d’estime de soi, en dégageant l’impression que tout ce qu’on a réalisé de bon jusque-là est désormais mis à plat. Cela alimente notamment de la rage, de la déception… et de la honte. C’est pourquoi, en ces moments, il devient si rapide de se laisser emporter par l’incertitude ; cela arrive aux “amateurs” du dimanche, mais aussi aux professionnels.

Qu’est-ce qui se passe, une fois la faute commise? Parfois, heureusement, on réussit à remonter la pente en gagnant le jeu. Souvent, pourtant, notre tête reste fixée sur cette erreure incroyable et une sensation de doute s’empare de nous. Ainsi, lorsqu’on a affaire à la balle “facile” suivante, la tension s’agrandit, le bras commence à trembler, on se sent pressé… une nouvelle ratée est dans l’ombre. La réalité est bien celle-ci : c’est justement à cause de sa simplicité apparente, ainsi qu’à cause de nos troubles psychologiques, que la balle (présumée) facile devient… monstrueusement compliquée.

Que faire donc? Il convient d’y faire face sérieusement : cela mérite davantage de concentration. Ensuite, si malgré tout on finit par la rater, il est indispensable de se montrer tolérant avec soi-même, en étant bien conscient qu’il s’agissait d’un coup plus compliqué qu’il ne le semblait à l’apparence. Il ne nous reste qu’acquérir une mentalité de professionnel, à savoir celui vraiment capable d’attribuer la bonne valeur à une balle “simple”, mais ratée : ce n’est qu’un “15” comme les autres...

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